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Édito - Par Jean-Philippe Élie, rédacteur en chef

Quand cynisme éducatif rime avec austérité budgétaire...

En mai dernier, le ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel a fait parvenir aux recteurs d’académie un document (consultable sur notre site Web) comprenant 13 mesures à mettre en place d’ici trois ans. Objectif ouvertement affiché par le ministère : supprimer dès l’année prochaine 16 000 nouveaux postes et augmenter le nombre d’élèves par classe.

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Régionales 2010 : interview de Cécile Duflot (Europe Ecologie) PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 08 Mars 2010 09:10

La rédaction de Education Magazine a contacté les têtes de liste franciliennes, aux élections régionales, des principaux partis politiques. Nous avons posé les mêmes questions aux différents candidats. C'est au tour de Cécile Duflot, Secrétaire nationale des Verts, de nous faire part de son programme en matière d'éducation.

Si vous êtes élue, quelle politique mènerez-vous en matière d’éducation ?

L’éducation est une dimension fondamentale du projet d’émancipation porté par Europe Ecologie. Nous militons pour une éducation dynamique et transversale qui cesse de dresser des barrières entre les disciplines et entre les individus. La région, par son action sur les lycées, peut avoir un impact important sur l’éducation en Ile-de-France.

Nous voulons renforcer les liens entre élèves et enseignants et améliorer les conditions de travail en permettant aux professeurs de disposer d’un bureau au sein de l’établissement. Nous proposons de renforcer le soutien de la région au mouvement d’éducation populaire pour faire émerger une éducation décloisonnée et ouverte à tous.

Les enjeux environnementaux doivent également être mieux intégrés dans l’éducation. C’est une question de citoyenneté mais aussi d’insertion professionnelle. Nous voulons par exemple créer 10 CFA pour former aux nouveaux métiers de l’économie verte.

Quelles solutions préconisez-vous pour éradiquer la violence à l’école ?

Renforcer la présence humaine dans les établissements est la meilleure solution pour éviter les violences. Or le gouvernement a choisi la voie inverse en supprimant massivement des postes. Nous voulons créer 3000 médiateurs régionaux de la tranquillité publique en Ile-de-France. Ces médiateurs seront spécifiquement formés pour encadrer les élèves, pour favoriser le dialogue et éviter que la violence se déclenche. Ces médiateurs sont bien plus adaptés que la vidéosurveillance proposée par le gouvernement. L’installation de caméras dans les lycées coûte cher et plutôt que d’embaucher des personnes à temps plein pour regarder les écrans, nous préférons renforcer la présence adulte.

Qu’est-ce que la Région peut faire pour enrayer l’échec scolaire ?

Il est nécessaire de mettre l’accent sur l’apprentissage – compétence de la région – qui garantit une insertion professionnelle rapide et permet de diversifier le cursus des élèves qui le souhaitent. Nous voulons aussi soutenir les actions culturelles à l’école – alors que l’Etat diminue drastiquement les crédits. Enfin, nous souhaitons renforcer le dispositif « une rentrée pour tou/tes » pour lutter contre le décrochage scolaire qui touche un nombre de lycéens de plus en plus grand. Des conseillers aideront ces jeunes à construire un parcours de formation adapté à leurs besoins.

Quelles aides proposerez-vous aux lycéens, notamment en matière d’orientation et de soutien scolaire ?

L’orientation est un problème majeur de l’enseignement secondaire. Elle est aujourd’hui totalement insuffisante, ce qui a de fortes répercussions sur l’insertion professionnelle des jeunes. Pour y remédier, nous voulons développer les réseaux d’anciens élèves dans les lycées et CFA franciliens. Ces réseaux et ces parrainages permettront d’accompagner les lycéens dans leurs choix professionnels. Ils prendront aussi la forme de tutorat pour les élèves en difficultés scolaires.

Serait-il envisageable que la région finance la création de postes surveillants dans les lycées franciliens ?

Si nous sommes élus, la région financera la création de 3000 médiateurs de la tranquillité publique, dont au moins un tiers sera présent dans les lycées. Ces personnes qualifiées (deux par lycées) seront des facteurs de pacification des établissements scolaires.

Pour en savoir plus : Campagne régionale

Mise à jour le Mardi, 09 Mars 2010 10:58
 

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