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La rédaction de Education Magazine a contacté les têtes de liste franciliennes, aux élections régionales, des principaux partis politiques. Nous avons posé les mêmes questions aux différents candidats. Nicolas Dupont-Aignan, tête de liste de Debout La République, nous dévoile ses mesures éducatives.
Si vous êtes élu, quelle politique mènerez-vous en matière d’éducation ?
Notre première priorité est l’entretien des lycées existants et la construction des nouveaux établissements nécessaires. L’effort actuel de la Région n’est à cet égard pas suffisant, ce que peu admettent malgré des chiffres indiscutables. Parallèlement, il faudra vraiment accélérer la réalisation du plan de sécurisation des établissements, en y intégrant un plan de vidéosurveillance intelligent. Mais il ne faut pas non plus se tromper : l’Etat est et demeure l’acteur majeur du bon fonctionnement du système éducatif. C’est à lui de nommer les personnels enseignants de qualité qui font défaut, ainsi que les personnels d’encadrement qualifiés.
Plus que tout, c’est à lui d’en finir avec une politique de laisser-faire et de déni, qui conduit à un état d’esprit du « sans-limites » chez certains élèves, lequel finit par se retourner contre des professeurs abandonnés en première ligne par l’Administration. A cet égard, j’adhère à 100% aux analyses d’un Jean-Paul Brighelli, pour qui le seul moyen de lutter efficacement contre l’insécurité à l’école est de rétablir l’autorité de l’Institution scolaire et d’arrêter de balader d’établissement en établissement les élèves perturbateurs, qui doivent être pris en charge dans des structures appropriées.
Quelles solutions préconisez-vous pour éradiquer la violence à l’école ?
Comme je viens de vous le dire, l’installation de caméras et de grillages d’enceinte peut favoriser une meilleure dissuasion des actes violents, en particulier de ceux provenant de l’extérieur, dès lors que ces mesures seraient complétées par l’Etat par l’affectation de personnels d’encadrement en quantité et en qualité requises. Mais encore une fois, c’est à un rééquilibrage culturel en matière d’autorité que doit prioritairement procéder l’Education nationale : laisser des petits tyrans faire la loi dans les lycées n’est pas seulement créer un risque de plus en plus insupportable pour la communauté scolaire, c’est aussi et d’abord abandonner les enfants à leurs propres démons, leur témoigner une inadmissible preuve qu’on se moque pas mal de leur avenir et d’eux-mêmes, en tant que futurs citoyens. Cette politique de fausse générosité relève en réalité du laxisme et de la démission. Ainsi, il faut rétablir le droit des chefs d’établissements de prononcer des exclusions, sans avoir à en passer par des commissions de discipline qui ont trop souvent tendance à noyer le poisson.
Qu’est-ce que la Région peut faire pour enrayer l’échec scolaire ?
Contribuer à l’action de l’Education nationale, selon des mécanismes à définir et à évaluer, peut aller dans ce sens. Doter les lycées en matériels pédagogiques et en équipements informatique doit être aussi une priorité. Mais la première mission de la Région en la matière, c’est d’offrir et de valoriser les filières d’apprentissage. DLR propose ainsi la création de 20 000 places d’apprentissage durant la prochaine mandature régionale.
Quelles aides proposerez-vous aux lycéens, notamment en matière d’orientation et de soutien scolaire ?
Il existe déjà pléthore de systèmes d’orientation et de soutien scolaire. La Région actuelle mène d’ailleurs des actions qui sont parfois tout à fait positives. Ce qui m’apparaît le plus urgent, c’est donc d’inventorier et de mettre davantage en musique l’ensemble de ces interventions pour en évaluer l’impact et, le cas échéant, les redéployer.
Serait-il envisageable que la région finance la création de postes surveillants dans les lycées franciliens ?
C’est un engrenage redoutable et bien souvent démagogique chez ceux qui le prônent massivement, comme les Verts. Le risque est réel que l’Etat se décharge progressivement sur les régions de cette mission qui lui incombe, qui coûte cher et dont les intervenants doivent être réellement qualifiés et intégrés aux équipes éducatives des établissements. Que la Région Ile-de-France mette à disposition, ça et là, quelques personnels, pourquoi pas, mais à la condition expresse que tout ceci soit très encadré, évalué et inséré dans des politiques d’ensemble qui ne dépendent pas du seul Conseil régional. Ceux qui veulent, comme Cécile Duflot, que la Région envoie 1000 « médiateurs de tranquillité publique» et plus dans les lycées, nous refont le coup des emplois-jeunes et autres contrats précaires dont l’Etat abuse déjà dans les services publics et les administrations, avec des résultats pour le moins inégaux. C’est de la démagogie pure, sans compter que cela coûterait très cher au contribuable francilien, dont les impôts ont déjà plus que doublés en l’espace de quelques années !
Pour en savoir plus : nda - Ile-de-France 2010 |