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Édito - Par Gérard Anthéaume

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L’édition 2011 du Sommet Mondial pour l’Innovation dans l’éducation (World Innovation Summit for Education – WISE) s’est tenue à Doha, Qatar, du 1er au 3 novembre. Trois jours de débats et d’échanges autour du thème « Sociétés en mouvement, éducation en mouvement ». Ce sommet aura été l’occasion d’analyser les facteurs de succès de l’innovation et de dégager quelques-unes des grandes perspectives d’avenir pour l’éducation. Les 1300 délégués venus du monde entier ont échangé idées, pratiques et expériences de terrain. Il en ressort que la collaboration entre secteurs est un élément critique pour réformer et améliorer les systèmes éducatifs et par là-même contribuer au développement et à la prospérité des peuples.

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Mercredi, 04 Août 2010 13:31

Des cahiers de vacances nouvelle génération, disponibles en ligne ? C’est ce que propose tout l’été la mairie d’Élancourt aux élèves de la commune  (du CP à la terminale). Un projet au cœur de la stratégie de cette ville, pionnière en matière de nouvelles technologies à l’école. « En une semaine, nous avons eu 450 inscriptions… et les gens en redemandent ! » se félicite Philippe Benassaya, Directeur de la communication à la mairie. Depuis juin, les enfants de la ville peuvent faire leurs devoirs de vacances « online », grâce à une connexion gratuite au site Maxicours (leader français du soutien scolaire sur Internet).

Sur ce site, les exercices et les QCM ressemblent à s’y méprendre à des jeux vidéo. Une mise en scène interactive, tournée par des comédiens, associée aux programmes de l’Éducation nationale : voilà de quoi faire réviser nos têtes blondes de façon sérieuse et ludique… et donner un bon coup de lifting au traditionnel cahier de vacances. Un espace avec des connexions Internet gratuites a même été installé pour ceux qui n’ont pas d’ordinateur à la maison. « Les premiers retours sont excellents, Maxicours est simple d’accès et d’utilisation, confie-t-on à la Mairie. Et surtout, cela permet aux enfants de travailler avec leurs parents : les devoirs de vacances se font désormais en famille ! »

2,5 millions d’euros pour les écoles primaires numériques

Mais Élancourt ne compte pas s’arrêter là. En effet, depuis 2003 le dispositif « École Numérique » est devenu la marque de fabrique de la ville et de son maire Jean-Michel Fourgous (également Député UMP des Yvelines). Au cœur de ce programme, une conviction : le numérique permet de faciliter l’apprentissage et de réduire l’échec scolaire. A Élancourt, les tableaux numériques interactifs ont fait leur apparition dans 100 % des classes de maternelle et de primaire (contre 6 % au niveau national). Les cours d’anglais ont lieu avec un professeur anglophone en visioconférence. Les élèves ont accès à des ordinateurs portables connectés en wifi. Et les parents communiquent avec les enseignants via un portail Internet (cahiers de texte, bulletins de notes…). Un projet qui a un coût, forcément : « environ 2,5 millions d’euros, financés essentiellement par la commune », glisse Anne Capiaux, Maire Adjointe aux nouvelles technologies de la ville. Mais, selon Philippe Benassaya, les résultats sont là : « Les élèves sont beaucoup plus attentifs et concentrés : on constate une amélioration des résultats de 10 % à 15 %. » La méthode permet aussi de lutter contre la fracture numérique, en offrant à tous les enfants un même accès aux nouvelles technologies. Elle entraîne aussi une révolution du côté de la pédagogie. « C’est toute la manière d’enseigner qui est modifiée, ajoute le Directeur de la communication: fini le système magistral et frontal où le professeur était face à sa classe. On voit naître un enseignement plus collaboratif où les élèves travaillent en groupe, avec un professeur à côté d’eux ». Une façon de répondre aux besoins accrus d’interactivité de cette nouvelle génération, née avec internet.

La France, mauvais élève de l’Europe en matière de numérique

Au pays de Voltaire, l’arrivée du high-tech pour former les esprits ferait-elle peur ? Les chiffres présentés en février 2010 par Jean-Michel Fourgous (dans le rapport de mission parlementaire sur l’école numérique) sont édifiants : la France est 12ème sur 27 pour le nombre d’élèves par ordinateur. 21ème sur 27 en ce qui concerne l'usage de ces technologies dans la classe. La Finlande à l’inverse, reconnue pour l’excellence de son système éducatif, a intégré depuis des années  les nouvelles technologies dans son projet éducatif. Ces chiffres, remis au ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel, ont fait l’effet d’une bombe.

12 priorités concrètes pour réussir l’école numérique en 2012 ont été identifiées par le Député Fourgous. Elles sont actuellement déclinées dans le programme « Écoles Numériques Rurales » : ce projet de 67 millions d’euros a permis d’équiper 6 700 écoles de villes de moins de 2 000 habitants. Une façon de lutter contre les inégalités territoriales, particulièrement au primaire où la France accuse le plus de retard. Mais au-delà d’objectifs quantitativement ambitieux, des questions demeurent… et agitent l’ensemble des acteurs éducatifs, en quête de sens sur cette révolution numérique.

Du côté du projet pédagogique, d’abord. Car pour de nombreux experts, la technologie numérique modifie la façon d’apprendre, de mémoriser, de se comporter….et ouvre donc un débat de fond. L’école doit-elle aider les élèves à construire leur jugement, leurs capacités de raisonnement, de mémoire, de créativité ? Ou leur faire acquérir des compétences, en les formant aux outils qu’ils rencontreront demain dans l’entreprise (comme le souligne le rapport Fourgous) ? Par ailleurs, comment faire acquérir à des enfants de 5, 7 ou 10 ans un usage raisonné des nouvelles technologies ? Et à quoi bon leur faire apprendre par cœur, quand le savoir est à disposition en un simple clic sur Wikipédia ?

Du côté des syndicats enseignants, on s’inquiète : « sans formation ni accompagnement des enseignants, il n’y aura pas de révolution numérique », explique le SNUipp - syndicat majoritaire dans le premier degré. En effet, les réponses se font attendre : quand seront formées les équipes éducatives, à l’heure où le ministère de l’Éducation nationale ne parle que de coupes budgétaires ? Sur quels critères pédagogiques les enseignants seront-ils évalués par les inspecteurs d’académie ? Qui va gérer les problèmes de maintenance du matériel informatique au sein des établissements ?

Du côté politique, enfin. Car si le primaire est la priorité actuelle, les collèges et les lycées sont encore loin d’être à la page. Or, ces trois niveaux scolaires dépendent de structures distinctes, qui mènent chacune leur politique éducative : les communes gèrent le primaire, les Conseils généraux les collèges et les Régions s’occupent des lycées. A Élancourt par exemple, c’est souvent à l’entrée en 6ème que les élèves découvrent les cours au tableau noir et à la craie ! Anne Capiaux confie : « Il y a encore du travail à faire en collège pour renforcer l’équipement en tableaux numériques ». Une forte volonté politique semble plus que jamais nécessaire pour donner toutes ses chances à l’école de demain. Une étape incontournable pour que comme à Élancourt, professeurs et enfants soient impatients de travailler « online » !

Petit Lexique de l’école numérique

Maxicours : ce site propose des exercices et des QCM corrigés dans toutes les matières (du CP à la Terminale). Les exercices sont conçus par des professeurs diplômés de l’Éducation nationale dans le respect des programmes. Ils sont présentés par des comédiens, d’où un côté très ludique.

Tableau blanc interactif (TBI) ou tableau numérique interactif (TNI) : tableau relié à un ordinateur et un vidéoprojecteur, il permet d'afficher l'écran de l'ordinateur face à la classe. On voit ainsi apparaître des images, des vidéos… L’élève peut par exemple déplacer les objets dessinés (un mot, un cercle, etc.), leur faire subir une rotation, écrire ou dessiner.

Environnement numérique de travail (ENT) : gestion numérique de la relation entre l’élève, les professeurs et les parents : cahier de texte en ligne, saisie des notes, des appréciations du bulletin scolaire, suivi des absences, correspondance parents-professeurs… Il  permet aussi d’améliorer la gestion de l’établissement.

Infos pratiques

Les bulletins d’inscription sont à déposer à l’accueil du service Enfance-Éducation de la mairie, afin de retirer un identifiant (numéro d’inscription à Maxicours). Pour les collégiens et lycéens, la demande devra être accompagnée d’un justificatif de domicile à Élancourt. Les inscriptions ont lieu tout au long de l’opération (jusqu’au 4 octobre 2010).

Renseignements :

Mairie, Place Général de Gaulle, 78990 Élancourt

Tél : 01 30 66 44 44

Mise à jour le Mercredi, 04 Août 2010 16:34
 

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