Home Archives Archives Ce n’est qu’un début - Sortie nationale au cinéma le 17 novembre

Espace abonnés



Actuellement


Édito - Par Thomas Jallaud

L'éducation après mai 2012

En 1881, les lois Ferry établissaient la gratuité absolue de l’enseignement en primaire. 1968 voyait les blouses disparaître et la mixité devenir la norme. En 1975, le collège unique entrait en action… En 1989, l’éducation devenait priorité nationale, rythmes scolaires et cycles d’apprentissages étaient modifiés. Et en 2005, une nouvelle loi d’orientation affichait l’ambition de moderniser l’éducation nationale. Mais qu’apportera 2012 ?

Lire la suite...
Ce n’est qu’un début - Sortie nationale au cinéma le 17 novembre PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Stéphanie Zeitoun   
Mardi, 09 Novembre 2010 12:40

Ce n’est qu’un début, car les héros de l’histoire sont âgés de 3 et 4 ans. À l’école maternelle Jaques Prévert du Mée-sur-Seine, dans une ZEP de Seine-et-Marne, Azouaou, Abderhamène, Louise, Shana, Kyria ou Yanis découvrent la philosophie. Pascaline, leur maîtresse, anime ces ateliers selon un rituel durant lesquels les enfants s’éveillent progressivement : assis en cercle autour d’une bougie allumée qui « aide à penser », les apprentis philosophes réfléchissent sur des thématiques comme l’intelligence, la différence, l’amour, la mort ou encore la liberté. Les élèves apprennent à s’exprimer et à s’écouter, sans avoir peur d’être jugés. Une jolie leçon de vie où la spontanéité donne naissance à des « vérités enfantines » empreintes d’une grande poésie…

 

En coulisse

« Les enfants sont tous philosophes, seuls certains le demeurent. » C’est cette affirmation de Michel Onfray qui a donné l’envie à Cilvy Aupin de produire ce film. Comment entretenir la réflexion des enfants ? Tandis que des scientifiques travaillent sur le sujet depuis très longtemps, elle découvre que des groupes de personnes éparpillées dans toute la France s’intéressent à la question, dont Pascaline Dogliani. Cylvi Aupin rencontre la jeune maîtresse qui a tenté d’initier sa petite classe à la philo durant un trimestre. La productrice est désormais habitée par l’impérieux désir d’installer deux caméras dans cette classe pour filmer « la qualité de ses échanges avec les élèves, âgés entre 4 et 5 ans ». Isabelle Duflocq, la directrice de l’école Jacques Prévert du Mée-sur-Seine où enseigne Pascaline, relève le défi avec l’aval de l’Éducation nationale et des parents d’élèves. Une première en France au niveau de la petite section mais aussi une première mondiale : si cette discipline est enseignée dans les petites classes d’Allemagne, d’Australie, de Norvège ou d’Écosse, elle ne l’est qu’à partir de 7 ans.

Les «off» du tournage

Toute l’équipe a été très impressionnée par l’autonomie de pensée des enfants et leur décontraction vis-à-vis des caméras. Le co-réalisateur Jean-Pierre Pozzi a été surpris de voir à quel point ils ont compris le rôle de chaque technicien, sans perdre de leur naturel. Ainsi, Kyria explique à ses camarades dérangés dans leur conversation par l’arrivée d’un caméraman que « c’est la caméra qui filme et que seul le micro [absent dans la scène] enregistre le son » ! Autre conséquence inattendue : l’importance du rituel. Les enfants ont souhaité recréer l’ambiance des ateliers le soir, à la maison, pour parler avec leur parent autour d’une bougie allumée. Lors de la projection, les adultes ont été agréablement surpris par la forme, qui n’a rien d’un documentaire classique. Les applaudissements mêlés aux larmes ont récompensé les deux années de travail de Cylvi Aupin et de son équipe. Pascaline quant à elle peut se réjouir d’avoir accompli une magnifique mission. « Je ne savais pas mon fils si intelligent », affirme une maman à la sortie ; tandis que Louise aura le mot de la fin : « ça fait réfléchir… »

Notre avis :

Le 7ème art : un outil pédagogique de choix pour initier petits et grands à la philosophie !

Jean-Pierre Pozzi et Pierre Barougier ont réalisé un film empreint d’une grande sensibilité. La maîtresse est remarquable, tant par son implication que par sa générosité. Le rire se mêle à la réflexion durant 1h35 de délectation face au minois attendrissant des enfants. Ces mini-philosophes nous délivrent de magnifiques pensées pour grandir à l’école de la vie. Pour ma part, leur vision de la liberté m’a inspiré cette définition : l’insouciance confère aux enfants une liberté qui n’a de limite que leur inconscience…

Site officiel

 

Mise à jour le Mardi, 09 Novembre 2010 13:40