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Édito - Par Thomas Jallaud

L'éducation après mai 2012

En 1881, les lois Ferry établissaient la gratuité absolue de l’enseignement en primaire. 1968 voyait les blouses disparaître et la mixité devenir la norme. En 1975, le collège unique entrait en action… En 1989, l’éducation devenait priorité nationale, rythmes scolaires et cycles d’apprentissages étaient modifiés. Et en 2005, une nouvelle loi d’orientation affichait l’ambition de moderniser l’éducation nationale. Mais qu’apportera 2012 ?

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Dossier "scarifications" : interview de Sandie Cariat PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Sophie Baqué   
Mercredi, 28 Avril 2010 14:29

Interview de Sandie Cariat, infirmière académique du SNICS FSU (Syndicat National des Infirmiers Conseillers de Santé) et membre du bureau national.

Quel est le rôle d’une infirmière scolaire dans le second degré aujourd’hui ?

Tout d’abord, notre appellation exacte est « infirmière conseillère de santé » ! Notre travail consiste à recevoir les élèves, à les écouter et les soigner pour qu’ils repartent étudier dans des conditions optimum. Cette mission s’inscrit pleinement dans la politique de l'Education nationale. Nous facilitons leur réussite scolaire en apportant des réponses à leurs préoccupations. Par exemple, il est évident qu’une élève qui se croit enceinte ne va pas être très concentrée sur son cours de français ! La proximité et la disponibilité avec les jeunes sont primordiales dans ce métier. Nous sommes aussi amenées à faire de la prévention, de l’éducation à la santé, des actions de sensibilisation au sein des collèges ou des lycées. La profession étant règlementée par décret, nous sommes soumises au secret professionnel. Hiérarchiquement, nous dépendons du chef d'établissement.

Quelles sont les principales attentes des jeunes qui viennent vous voir ?

A travers des plaintes somatiques (maux de tête, nausées, douleurs abdominales, troubles du sommeil…), l’adolescent exprime souvent d’autres attentes dans la confidentialité de l’infirmerie. Cela peut être lié par exemple à la façon dont il vit la scolarité, à des préoccupations dans le domaine de l’alimentation, du sommeil… Mais notre métier évolue : nous avons un rôle de plus en plus important lié à la sexualité (délivrance de la contraception d’urgence, et prochainement mise en application de l’autorisation de renouveler les contraceptifs oraux sous certaines conditions…). Les cas de souffrance psychique sont également en progression : en 2009, 30% des élèves qui ont poussé la porte de l’infirmerie étaient en grande souffrance. Cela peut-être lié à une situation familiale difficile (un divorce ou un décès), un échec scolaire, des complexes physiques liés à l’adolescence, ou des malaises beaucoup plus profonds (dépression, phobie scolaire, idées suicidaires)… Dans ces cas-là, on essaye toujours de préserver avec l’élève la part de confiance. Mais si l’infirmière estime qu’un élève est en danger, elle doit alors lever le secret professionnel, pour faire un signalement d’enfance en danger prévu par la loi.

Vous dites que 30% des adolescents sont en souffrance psychique. Pensez-vous que les infirmières scolaires sont suffisamment armées face à ces situations ?

Malheureusement non. Et c’est pour cela que le syndicat SNICS FSU revendique une formation de spécialité de niveau master (en 5 ans). Actuellement, avec la formation initiale du Diplôme d’Etat, les infirmières qui arrivent à l’Education nationale sont insuffisamment préparées à l’exercice de la profession en milieu scolaire. Nous voulons qu’elles accèdent à une formation adéquate pour qu’elles puissent prendre en charge toutes les problématiques propres aux établissements scolaires (souffrance des ados, sexualité, maltraitance….), et ceci en lien avec l’équipe pédagogique.

Pourquoi le travail en réseau avec l’équipe pédagogique est-il si important ?

Nous travaillons en partenariat avec les professeurs, les conseillers principaux d’éducation, les conseillers d’orientation et le chef d’établissement. Cette prise en charge holistique de l’élève est indispensable pour son intégration et sa réussite scolaire. Concrètement, cela veut dire qu’on peut alerter le professeur principal si un élève ne va pas bien…

Au-delà du corps enseignant, vous arrive-t-il d’alerter des structures extérieures ou les familles ?

Nous sommes régulièrement en lien avec les familles, en accord avec l’élève bien sûr… et si besoin, avec le médecin scolaire, l’assistante sociale, le médecin de famille, les médecins spécialisés ou les centres médico-psychologiques. Nous avons également des contacts étroits avec les centres de planification.

Le métier en quelques chiffres

Il y a 8000 infirmières pour 8800 établissements de second degré en France.

En 2009, 14 millions d’élèves ont été soignés dans les infirmeries de collèges et lycées. 95% d’entre eux ont repris le chemin des cours.

4200 infirmières travaillent dans les collèges et 3800 dans les lycées (généralistes et professionnels).

Le syndicat SNICS FSU a, entre autres, pour objectif d'obtenir une infirmière par établissement. Ce n‘est pas encore le cas aujourd’hui.

 

 

 

 

Mise à jour le Vendredi, 21 Mai 2010 14:38
 

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