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L'éducation après mai 2012

En 1881, les lois Ferry établissaient la gratuité absolue de l’enseignement en primaire. 1968 voyait les blouses disparaître et la mixité devenir la norme. En 1975, le collège unique entrait en action… En 1989, l’éducation devenait priorité nationale, rythmes scolaires et cycles d’apprentissages étaient modifiés. Et en 2005, une nouvelle loi d’orientation affichait l’ambition de moderniser l’éducation nationale. Mais qu’apportera 2012 ?

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Dossier "scarifications" : interview de Nathalie Martigny PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Sophie Baqué   
Jeudi, 29 Avril 2010 23:39

Nathalie Martigny est infirmière scolaire au lycée Paul Langevin de Suresnes (Hauts-de-Seine)

Anorexie, boulimie, drogue, scarifications : face à de telles souffrances, comment faites-vous pour ouvrir le dialogue avec les adolescents ?

Déjà, je tiens à dire que les jeunes vont globalement bien : la plupart viennent à l’infirmerie pour des choses qui ne sont pas graves. Mais parfois, les visites se répètent et je découvre qu’il y a autre chose… Mon rôle est d’abord d’écouter (je suis souvent la première personne dans la confidence) et surtout de ne pas juger : la parole d’un jeune est fragile, elle peut se rompre à tout moment ! Dans les cas les plus extrêmes, je pose le cadre d'emblée en disant : "si d’après ce que tu me dis je te sais en danger, je ne me tairai pas". Par la suite, j’essaye de faire prendre conscience à l’adolescent qu'il se met en danger, que c'est grave, que cela m'inquiète. L’idée est de lui montrer que parler est synonyme d’aide, pas de réprimande ou de sanction.

Vous êtes tenue au secret professionnel, et pourtant il vous arrive de prendre contact avec les professeurs ou les familles… Quelles sont les règles fixées dans la profession ?

La règle est la suivante : le secret professionnel ne peut être levé qu'en cas de violence sexuelle ou de maltraitance sur un mineur.  Le reste du temps, c’est nous qui évaluons la gravité de la situation… Mais heureusement nous ne sommes pas seules maîtres à bord ! En cas de doute, nous échangeons avec l'infirmière conseillère technique de l'inspection académique, nos collègues, les réseaux d’aide locaux. Nous travaillons également avec les professeurs en leur donnant des éléments utiles lors des commissions de suivi des élèves. Et en général, j’essaye de contacter la famille après quelques entretiens avec le jeune. Dans ces cas-là, je m’efforce de ne pas dévoiler trop de détails : je dis par exemple « votre enfant semble fatigué, il n'a pas le moral »… et le dialogue s'instaure. Le plus souvent, les parents sont soulagés : ils peuvent partagent une inquiétude qui était latente. C’est aussi l’occasion d’envisager une prise en charge et cela les libère d’un poids.

Pensez-vous que la prévention des conduites suicidaires est suffisante auprès des adolescents d’aujourd’hui ?

Le suicide chez les jeunes est un sujet complexe : les parents, l’équipe éducative et les professionnels de santé doivent s’engager ensemble dans une réflexion commune. Nous n’en sommes  actuellement qu’aux prémices… Il faut aller plus loin. En milieu scolaire, les notions de suicide ou d'automutilation ne sont jamais abordées en tant que telles, frontalement : nous préférons éviter les surenchères, les confrontations verbales qui surviennent dès qu’on s’adresse à des groupes d’adolescents. En revanche, nous en parlons dans des actions plus larges. L’an dernier par exemple, le lycée Paul Langevin a mis en place des programmes de sensibilisation sur le décrochage scolaire, le bien-être et le mal-être, les compétences psychosociales. Sous des formes variées (débat théâtral, ateliers en classe, soirée-débat spéciale parents), cela a permis à chacun d’échanger librement sur ces questions. Mais ces initiatives ont un coût élevé, naturellement… et elles nécessitent un gros travail de préparation et l'accord du chef d’établissement.

Mise à jour le Vendredi, 21 Mai 2010 14:29
 

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