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Édito - Par Gérard Anthéaume
LE TEMPS DES VACANCES
L'institution des vacances nous est si familière que nous nous interrogeons rarement sur ses origines. Elles ne sont pourtant pas si lointaines. Elles auront même tardé à venir tant la résistance fut grande du côté de ceux qui y voyaient une abolition de « la notion du travail, de l'ordre et du courage ». Il faudra donc attendre les congés payés instaurés par la loi du 20 juin 1936 pour qu'elles deviennent progressivement une norme sociale irréversible, laquelle a généré une autre norme : celle du départ. En 1950, trois français sur dix partaient « ailleurs » à l'occasion des vacances, pour une période plus ou moins longue. Aujourd'hui, la proportion s'est plus qu'inversée. Le départ en vacances constitue désormais la nouvelle norme.
Être empêché de partir parce que l'on n'a pas les moyens, c'est donc être exclu. Une situation mal vécue par tous ceux qui restent, en particulier les enfants. Il seront encore cette année plus de trois millions à être « assignés » à résidence. C'est une des raisons pour lesquelles la loi du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions avait inscrit l'accès aux vacances comme un droit fondamental de l'individu, au même titre que le logement ou la santé. Malgré les efforts conjugués des collectivités territoriales, des associations et des organismes sociaux, on est encore loin du compte. Pour un enfant sur trois, les mois de juillet et d'août se conjugueront avec maison, télévision, quartier. Quand certains font leurs valises pour rejoindre le bord de mer, la montagne ou les contrées lointaines, d'autres sont condamnés à les regarder partir. Une situation difficilement acceptable et contre laquelle il faut se mobiliser et interpeller les pouvoirs publics. C'est en tout cas ce que pensent 85% des parents interrogés lors d'un récent sondage qui se déclarent favorables à ce qu'une allocation spécifique de l'État de deux cents euros soit accordée - sous conditions de ressources - aux familles pour leur permettre de faire partir leur(s) enfant(s) en colonies de vacances. Un pourcentage qui atteint 91% parmi ceux qui ont le sentiment que ces dernières contribuent à l'éducation des enfants. Souhaitons-leur d'être entendus bien au-delà des 120 députés et sénateurs qui se sont déjà déclarés favorables à cette proposition.
Bonnes vacances à tous.
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Les programmes sont élaborés par un groupe d’experts (universitaires, formateurs en IUFM, inspecteurs de l’Éducation nationale, etc.), puis présentés au Conseil supérieur de l’éducation (CSE), lequel émet un avis consultatif. Les textes sont nalement validés par le ministre de l’Éducation nationale (après consultation éventuelle du Haut Conseil de l’éducation) et publiés au Bulletin o ciel. Ce système bien rodé a pour principal avantage de garantir la pluralité des avis et des opinions, le CSE étant par exemple composé d’enseignants, de parents d’élèves, d’étudiants, de lycéens et de représentants des collectivités territoriales. Ce bel ordonnancement a malheureusement été mis à mal récemment par les politiques. Comme le rappellent nos confrères de Télé Obs et du Canard enchaîné, Henri Guaino – conseiller spécial du Président Sarkozy – a a rmé sur France 5 (dans l’émission C Politique du 25 octobre dernier) que les programmes ne devaient plus être traités par des spécialistes de l’Éducation nationale, mais par l’Assemblée et l’Élysée ! Cette suggestion n’a pas tardé à être mise en application : la récente réforme du programme d’économie en classe de seconde a ainsi fait passer à la trappe des sujets essentiels et sensibles comme le chômage, les inégalités sociales, etc. A priori suite à des consignes venues des plus hautes sphères de l’État… Certains me répondront que l’initiation aux sciences économiques et sociales est optionnelle en seconde et qu’il n’y a donc pas matière à polémiquer. En fait, il y a fort à craindre que ce type de dérive idéologique ne se reproduise dans le futur, notamment en ce qui concerne les programmes d’histoire ! |