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Édito - Par Thomas Jallaud

L'éducation après mai 2012

En 1881, les lois Ferry établissaient la gratuité absolue de l’enseignement en primaire. 1968 voyait les blouses disparaître et la mixité devenir la norme. En 1975, le collège unique entrait en action… En 1989, l’éducation devenait priorité nationale, rythmes scolaires et cycles d’apprentissages étaient modifiés. Et en 2005, une nouvelle loi d’orientation affichait l’ambition de moderniser l’éducation nationale. Mais qu’apportera 2012 ?

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Numéro 12 (date de parution : 8 Juillet 2011) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Gérard Anthéaume   
Vendredi, 08 Juillet 2011 01:00

Educations magazine N°12

Édito - Par Gérard Anthéaume

LE TEMPS DES VACANCES

L'institution des vacances nous est si familière que nous nous interrogeons rarement sur ses origines. Elles ne sont pourtant pas si lointaines. Elles auront même tardé à venir tant la résistance fut grande du côté de ceux qui y voyaient une abolition de « la notion du travail, de l'ordre et du courage ». Il faudra donc attendre les congés payés instaurés par la loi du 20 juin 1936 pour qu'elles deviennent progressivement une norme sociale irréversible, laquelle a généré une autre norme : celle du départ. En 1950, trois français sur dix partaient « ailleurs » à l'occasion des vacances, pour une période plus ou moins longue. Aujourd'hui, la proportion s'est plus qu'inversée. Le départ en vacances constitue désormais la nouvelle norme.

Être empêché de partir parce que l'on n'a pas les moyens, c'est donc être exclu. Une situation mal vécue par tous ceux qui restent, en particulier les enfants. Il seront encore cette année plus de trois millions à être « assignés » à résidence. C'est une des raisons pour lesquelles la loi du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions avait inscrit l'accès aux vacances comme un droit fondamental de l'individu, au même titre que le logement ou la santé.
Malgré les efforts conjugués des collectivités territoriales, des associations et des organismes sociaux, on est encore loin du compte. Pour un enfant sur trois, les mois de juillet et d'août se conjugueront avec maison, télévision, quartier. Quand certains font leurs valises pour rejoindre le bord de mer, la montagne ou les contrées lointaines, d'autres sont condamnés à les regarder partir.
Une situation difficilement acceptable et contre laquelle il faut se mobiliser et interpeller les pouvoirs publics. C'est en tout cas ce que pensent 85% des parents interrogés lors d'un récent sondage qui se déclarent favorables à ce qu'une allocation spécifique de l'État de deux cents euros soit accordée - sous conditions de ressources - aux familles pour leur permettre de faire partir leur(s) enfant(s) en colonies de vacances. Un pourcentage qui atteint 91% parmi ceux qui ont le sentiment que ces dernières contribuent à l'éducation des enfants.
Souhaitons-leur d'être entendus bien au-delà des 120 députés et sénateurs qui se sont déjà déclarés favorables à cette proposition.

Bonnes vacances à tous.

ACTUALITÉS
La perception des vacances et des loisirs collectifs par les 5-19 ans et leurs parents
Un sondage qui révèle une belle image des colonies de vacances

ENTRETIEN
Henri Pena-Ruiz : « Par delà les différences »
Propos recueillis par Alexis Chabot

APPRENTISSAGES
La pédagogie Freinet, une éducation à contre courant
Par Muriel Beaudoing et Clémence Glon

LE FUTUR AUTREMENT
Le danger des sucres rapides
Daniel Samain raconte

ÉVÉNEMENT
Les élèves prennent soin de la planète
Reportage de Muriel Beaudoing

SUPPLÉMENT ÉTÉ
Tour de France des activités culturelles estivales
Les choix éducatifs de Muriel Beaudoing et Paul Turenne

SANTÉ
Serge Tisseron : Comment réagir face aux « addictions » de nos adolescents ?
Propos recueillis par Eric Fourcaud

LES POLITIQUES ÉDUCATIVES RÉGIONALES
Midi-Pyrénées un aménagement « en toile »
Reportage d'Aurélie Julien

TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION
Les derniers outils « tendance » pour l'enseignement des langues
Une enquête d'Aurélie Julien

DOSSIER
Devoirs de vacances : ils ne font pas l'unanimité
Par Christine Durand

MÉTIERS
Les métiers du tourisme
Par Clémence Glon

Les programmes sont élaborés par un groupe d’experts
(universitaires, formateurs en IUFM, inspecteurs de l’Éducation
nationale, etc.), puis présentés au Conseil supérieur de l’éducation
(CSE), lequel émet un avis consultatif. Les textes sont  nalement
validés par le ministre de l’Éducation nationale (après consultation
éventuelle du Haut Conseil de l’éducation) et publiés au Bulletin
o ciel. Ce système bien rodé a pour principal avantage de garantir
la pluralité des avis et des opinions, le CSE étant par exemple
composé d’enseignants, de parents d’élèves, d’étudiants, de
lycéens et de représentants des collectivités territoriales. Ce bel
ordonnancement a malheureusement été mis à mal récemment
par les politiques. Comme le rappellent nos confrères de Télé Obs
et du Canard enchaîné, Henri Guaino – conseiller
spécial du Président Sarkozy – a a rmé sur France
5 (dans l’émission C Politique du 25 octobre dernier)
que les programmes ne devaient plus être traités par
des spécialistes de l’Éducation nationale, mais
par l’Assemblée et l’Élysée ! Cette suggestion
n’a pas tardé à être mise en application : la
récente réforme du programme d’économie en
classe de seconde a ainsi fait passer à la trappe des
sujets essentiels et sensibles comme le chômage, les
inégalités sociales, etc. A priori suite à des consignes
venues des plus hautes sphères de l’État… Certains me
répondront que l’initiation aux sciences économiques
et sociales est optionnelle en seconde et qu’il n’y a donc pas matière
à polémiquer. En fait, il y a fort à craindre que ce type de dérive
idéologique ne se reproduise dans le futur, notamment en ce qui
concerne les programmes d’histoire !
Mise à jour le Vendredi, 15 Juillet 2011 23:24
 

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