|

Édito - Par Gérard Anthéaume
Wise
L’édition 2011 du Sommet Mondial pour l’Innovation dans l’éducation (World Innovation Summit for Education – WISE) s’est tenue à Doha, Qatar, du 1er au 3 novembre. Trois jours de débats et d’échanges autour du thème « Sociétés en mouvement, éducation en mouvement ». Ce sommet aura été l’occasion d’analyser les facteurs de succès de l’innovation et de dégager quelques-unes des grandes perspectives d’avenir pour l’éducation. Les 1300 délégués venus du monde entier ont échangé idées, pratiques et expériences de terrain. Il en ressort que la collaboration entre secteurs est un élément critique pour réformer et améliorer les systèmes éducatifs et par là-même contribuer au développement et à la prospérité des peuples.
Le premier point fort de ce Sommet a incontestablement été celui de la désignation du lauréat de la première édition mondiale du grand prix pour l’éducation. La personnalité du vainqueur, son engagement, les valeurs qu’il défend, n’auront fait que donner un peu plus d’éclat encore à l’évènement. C’est en effet à l’entrepreneur social bangladais Fazle Hasan Abed, en reconnaissance d’une carrière de plus de 40 années consacrées à la réduction de la pauvreté par l’éducation qu’a été décerné le « wise prize » devenu, de fait, une nouvelle distinction universelle à l’égal des prix Nobel. Un nom souvent cité en écho par les intervenants.
Le second point fort a été l’annonce par Gordon Brown de la création d’un « fonds mondial pour l’éducation, sur le même modèle que le fonds créé pour la santé, qui a permis d’immenses progrès dans la lutte contre le sida, la polio ou la malaria ». Il faut, a-t-il ajouté, se mobiliser pour que « les technologies les plus modernes (...) puissent bénéficier aux endroits les plus pauvres des pays les plus pauvres ».
Wise aura aussi été l’occasion pour Luc Chatel de redire quelles étaient ses convictions. L’amélioration du système éducatif « n’est pas une question de moyens », même si on ne peut pas exclure la nécessité de les « redéployer au bénéfice de l’enseignement primaire ». Le processus de réforme est « un processus continu », qui s’effectue au quotidien, et « à bas bruit ».
Même si, de temps en temps, une réforme structurelle est nécessaire, c’est surtout sur les enseignants qu’il faut compter pour faire face à « la massification du système éducatif », d’où « la nécessité de respecter leur liberté pédagogique ». La réforme est donc une sorte d’évolution permanente. « Mieux vaut les petits matins que le grand soir », a conclu le ministre français de l’éducation.
Une orientation sensiblement distincte de celle de Wise qui en appelle, pour 2012, à « la collaboration multisectorielle pour accélérer l’innovation dans l’éducation » en se fixant comme feuille de route d’« encourager les synergies, le dialogue et l’échange entre secteurs pour assurer un progrès plus rapide des réformes éducatives ».
♦ Actualités
8 Le salon européen de l’éducation, un rendez-vous incontournable
Rencontre avec Alain Dubroca, commissaire général du Salon
10 Les Marseillais musulmans et l’éducation
Entretien avec Françoise Lorcerie, chercheuse au CNRS
♦ Entretien
14 Stéphane Carcillo, Olivier Galland
Comment la France divise sa jeunesse ?
Propos recueillis par Alexis Chabot
♦ sécurité
19 Mettre la violence à la porte de l’école
Une enquête de Thierry Pétrault
♦ Le futur autrement
24 Les sucres rapides et la carie dentaire
Par Daniel Samain
♦ L’école ailleurs
30 Reconstruire l’éducation en Afrique du Sud
Entretien avec Naledi Pandor,
Ministre des Sciences et des Technologies
♦ Les politiques éducatives communales
36 L’éducation, une priorité absolue pour les élus de Crolles
Reportage de Gérard Anthéaume
♦ Ressources numériques
42 Vers une nouvelle ère d’apprentissage pour les « e-générations » ?
Une enquête d’Aurélie Julien
♦ Débat
48 La violence de l’échec
scolaire au collège
Françoise Guédon et Axel Rivs
♦ Dossier
52 Des collègiens font leur cinéma
Comment éduquer à l’image ?
♦ Métiers
61 La petite enfance, un berceau d’emplois
Par Clémence Glon
|