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Edito - Par Jean-Philippe Elie, rédacteur en chef
Programmes scolaires : le fait du prince ?
Les programmes sont élaborés par un groupe d’experts (universitaires, formateurs en IUFM, inspecteurs de l’Éducation nationale, etc.), puis présentés au Conseil supérieur de l’éducation (CSE), lequel émet un avis consultatif. Les textes sont finalement validés par le ministre de l’Éducation nationale (après consultation éventuelle du Haut Conseil de l’éducation) et publiés au Bulletin officiel.
Ce système bien rodé a pour principal avantage de garantir la pluralité des avis et des opinions, le CSE étant par exemple composé d’enseignants, de parents d’élèves, d’étudiants, de lycéens et de représentants des collectivités territoriales. Ce bel ordonnancement a malheureusement été mis à mal récemment par les politiques. Comme le rappellent nos confrères de Télé Obs et du Canard enchaîné, Henri Guaino – conseiller spécial du Président Sarkozy – a affirmé sur France 5 (dans l’émission C Politique du 25 octobre dernier) que les programmes ne devaient plus être traités par des spécialistes de l’Éducation nationale, mais par l’Assemblée et l’Élysée ! Cette suggestion n’a pas tardé à être mise en application : la récente réforme du programme d’économie en classe de seconde a ainsi fait passer à la trappe des sujets essentiels et sensibles comme le chômage, les inégalités sociales, etc. A priori suite à des consignes venues des plus hautes sphères de l’État… Certains me répondront que l’initiation aux sciences économiques et sociales est optionnelle en seconde et qu’il n’y a donc pas matière à polémiquer. En fait, il y a fort à craindre que ce type de dérive idéologique ne se reproduise dans le futur, notamment en ce qui concerne les programmes d’histoire !
♦ News du mois
Le Salon du livre célèbre sa 30e édition (par Coralie Bach)
Le Salon du livre de Paris se tient du 26 au 31 mars à la Porte de Versailles. Rencontres avec les auteurs, débats, ateliers pour enfants et adolescents sont au programme. Cet événement est aussi l’occasion de faire le point sur quelques nouveautés éditoriales dans le domaine éducatif.
♦ Interview
Entretien avec Luc Ferry (propos recueillis par Frédéric Sécher)
La pédagogie actuelle dispensée par l’école républicaine est-elle un leurre compromettant l’avenir de nos enfants ? Les parents et les enseignants sont-ils co-responsables de l’échec scolaire ? Nos gouvernants sont-ils en mesure de pallier la crise de l’école ? Quel remède pour vaincre l’illettrisme ? Autant de questions auxquelles Luc Ferry répond sans détour et avec détermination.
♦ Débat
Portiques et vidéosurveillance : faut-il renforcer la sécurité à l'école ? (par Jeanne Iouchka)
Choqué par l’intrusion d’une bande armée de barres de fer dans un lycée de Gagny (93) puis par l’agression au couteau d’une enseignante par un collégien de Fenouillet (31) en mai 2009, Xavier Darcos – alors ministre de l’Éducation – avait proposé une mesure radicale : placer des détecteurs de métaux à l’entrée des établissements. Ce qui avait provoqué un tollé chez les syndicats enseignants. En effet, si tout le monde est d’accord pour améliorer la sécurité, les avis divergent sur les moyens : humains ou technologiques ?
♦ Chronique
Réussite coéducative & territoires (par Michel-Jean Laveaud)
La réussite coéducative implique les territoires de vie, les acteurs qui les animent, les jeunesses au travail ainsi que la coopération intergénérationnelle documentée.
♦ En couverture
Langues à l’école : un enjeu prioritaire malheureusement négligé (par Estelle Levresse)
Alors que la maîtrise d’au moins deux langues étrangères est annoncée comme une priorité, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la place occupée par les langues dans le système éducatif français.
♦ Dossier
Revaloriser la filière professionnelle (par Florence Mottot)
Alors que, dans de nombreux pays européens, la voie professionnelle est perçue comme une alternative positive pour les enfants dits « manuels », en France, elle est souvent synonyme de voie de garage. La récente réforme de cette filière suscite de grandes inquiétudes dans le corps enseignant et pose, de manière plus globale, des questions sur la politique actuellement menée par le ministère de l’Éducation nationale.
♦ Cahier central (spécial enseignants)
L’ennui est le résultat d'un vide relationnel ! (propos recueillis par Florence Mottot)
Il n’est jamais bien vu de s’ennuyer, surtout à l’école. Pour Jean-Pierre Durif-Varembont, psychanalyste, maître de conférences en psychologie à Lyon-II, l’ennui n’est pas seulement le syndrome d’un malaise dans le fonctionnement de l’institution. Il est avant tout le signe du malaise des individus, élèves et enseignants, lors de l’acte de transmission des savoirs. L’ennui est aussi un corollaire nécessaire à l’apprentissage et à tout processus créatif.
♦ Cahier central (spécial enseignants)
Quelle place pour l'enseignement du fait religieux ? (par Coralie Bach)
L’école s’est progressivement ouverte à l’enseignement des faits religieux. Les trois principales religions monothéistes sont aujourd’hui abordées dans les programmes, mais cet enseignement soulève toujours quelques interrogations et réticences.
♦ Santé
Parler de sexualité avec son enfant (par Stéphanie Zeitoun)
Collèges et lycées sont généralement les lieux où se manifestent les premiers émois amoureux. De la relation platonique aux premières découvertes charnelles, l’adolescence est une période d’apprentissage délicate pour des enfants en pleine transformation. Faut-il leur en parler ou les laisser nous questionner ? Entre parent rétrograde et copain trop indiscret, essayez de trouver un juste milieu en respectant avant tout l’intimité de votre enfant.
♦ Santé
Adolescents, un cerveau encore en mutation (par Elise Pierre)
Les récents progrès en imagerie médicale ont permis de constater que le cerveau de l’adolescent, contrairement à celui d’un adulte, est un vaste chantier en construction. Des avancées qui éclairent certains de leurs comportements à cette période charnière : addiction aux jeux vidéo, tendance à l’avachissement, conduites à risque… Passons leurs attitudes au crible de l’IRM.
♦ Technologie
Apprenez les langues étrangères sur ordinateur (par José Roda)
Nos sociétés se mondialisent, les échanges sont globalisés, il est donc indispensable de maîtriser une ou plusieurs langues étrangères. Pour compléter les apprentissages scolaires, n’hésitez pas à recourir aux nouvelles technologies.
♦ Pratique
Bien gérer le stress des examens (par Stéphanie Zeitoun)
Avant de profiter des vacances d’été, bon nombre d’élèves devront passer des examens de fin d’année. Si la pression est vécue différemment selon les enjeux et la personnalité de chacun, le stress affecte toujours l’adolescent et son environnement. Que ce soit pour les enfants hyper anxieux ou les parents trop exigeants, voici quelques conseils pratiques pour vivre au mieux ce passage obligé.
♦ Pratique
La naissance d'un livre scolaire (par Coralie Bach)
Auteur, éditeur, illustrateur… La fabrication d’un manuel scolaire nécessite de multiples compétences. Plus d’une dizaine de métiers sont ainsi sollicités. Description du processus de conception, de la définition du programme au choix de l’ouvrage.
♦ Orientation
Comment devenir cuisinier ? (par Elise Pierre)
Vous rêvez de devenir un chef étoilé au Guide Michelin ? Avant de coiffer la célèbre toque, vous devrez faire vos preuves en cuisine et gravir peu à peu les échelons au sein de la brigade… Diverses formations préparent à ce métier exigeant, mais la passion et l’expérience restent les meilleurs ingrédients du succès !
♦ Orientation
Interview de François Adamski (propos recueillis par Elise Pierre)
Avant de prendre les commandes du Gabriel, un établissement bordelais haut de gamme, François Adamski a gagné la reconnaissance de ses pairs en officiant dans de célèbres établissements parisiens. De l’Hôtel Matignon (où il effectua son service national) au Plaza Athénée, en passant par l’hôtel Ritz, la Maison Prunier ou encore l’Intercontinental, il revient pour Éducation Magazine sur son parcours riche en rencontres et découvertes gustatives.
Les programmes sont élaborés par un groupe d’experts (universitaires, formateurs en IUFM, inspecteurs de l’Éducation nationale, etc.), puis présentés au Conseil supérieur de l’éducation (CSE), lequel émet un avis consultatif. Les textes sont nalement validés par le ministre de l’Éducation nationale (après consultation éventuelle du Haut Conseil de l’éducation) et publiés au Bulletin o ciel. Ce système bien rodé a pour principal avantage de garantir la pluralité des avis et des opinions, le CSE étant par exemple composé d’enseignants, de parents d’élèves, d’étudiants, de lycéens et de représentants des collectivités territoriales. Ce bel ordonnancement a malheureusement été mis à mal récemment par les politiques. Comme le rappellent nos confrères de Télé Obs et du Canard enchaîné, Henri Guaino – conseiller spécial du Président Sarkozy – a a rmé sur France 5 (dans l’émission C Politique du 25 octobre dernier) que les programmes ne devaient plus être traités par des spécialistes de l’Éducation nationale, mais par l’Assemblée et l’Élysée ! Cette suggestion n’a pas tardé à être mise en application : la récente réforme du programme d’économie en classe de seconde a ainsi fait passer à la trappe des sujets essentiels et sensibles comme le chômage, les inégalités sociales, etc. A priori suite à des consignes venues des plus hautes sphères de l’État… Certains me répondront que l’initiation aux sciences économiques et sociales est optionnelle en seconde et qu’il n’y a donc pas matière à polémiquer. En fait, il y a fort à craindre que ce type de dérive idéologique ne se reproduise dans le futur, notamment en ce qui concerne les programmes d’histoire ! |